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A partir d'un sujet de rédaction  sur la Nouvelle fantastique en classe de Quatrième des élèves proposent, pour un instant de lecture, leur production illustrée.
Le secret

        J'ai peur la nuit...C'était un jour où le ciel était bleu. Il était environ dix-sept heures, et j'étais allé jouer à cache-cache avec ma fille Elza. Elle venait de fêter ses six ans et cela faisait presque trois ans que ma femme était décédée. Nous sommes allés dans la grande forêt du château.


        Arrivés à la forêt, Elza se cacha. Puis quelques minutes plus tard, il me sembla entendre un bruit étrange. Je pensais tout de suite à ma fille, je courus partout, dans tous les sens. Je criais son nom aussi fort que je pouvais. J'entendis un nouveau cri, elle m'appelait. Je m'arrêtai deux minutes et je regardai la forêt. Elle qui semblait joyeuse était devenue tout à coup sinistre et étrange, comme si les arbres bougeaient leurs bras. Leurs branches paraissaient froides comme un marbre. Leurs épines se hérissèrent, j'étais effrayé. Leurs fleurs radieuses devinrent étranges, malheureuses et terrifiantes. Les fenêtres du château claquaient. Je vis à l'intérieur de celui-ci des meubles du XIXième siècle qui bougeaient. Il faisait froid et le vent donnait au lieu une allure de ténèbres. J'étais horrifié, mais il fallait retrouver Elza.


        Alors j'eus une sensation: quelqu'un me touchait. Je me retournais et je vis une femme aux yeux bleus. Elle avait une chevelure longue, d'un blond cendré; un corps raffiné aux formes dessinées; ses jambes donnaient une impression de légèreté, c'était un être si parfait qui semblait venir d'ailleurs. Cet ange portait une robe blanche comme des voiles amassés. Et je reconnus ma femme:

        « Je viens à toi pour te prévenir dit-elle. Tu ne reverras plus jamais ton enfant car c'est à cause de toi que je suis morte. Elle ne te mérite pas. »


         A ces mots, elle partit dissimulant dans ses voiles une forme de petite taille. Tout redevint normal.

                                                                                                                                                                                                                                        Roussel Péroline, 4e1.

                                                                                                                
                                                    
                                                                                                                               Le cavalier de bronze
  Au fond de la Normandie, j'avais un château que j'habitais : il était si grand et si décoré, comme celui de Versailles, que je fis venir pour la veille de Noël des amis, beaucoup d'amis, si bien que toutes les chambres étaient remplies. Ma chambre était au bout du couloir d'ivoire décoré d'or à côté d'une grosse horloge d'ébène qui avait un timbre grave. On l'avait trouvée dans une abbaye fortifiée infestée par la peste, ne nous attardons pas sur ce sujet mais plutôt sur ce qui se passa, ce soir- là .

   Il était aux alentours de minuit, mes amis avaient regagné leur chambre, je pris ma pipe pour fumer. J'ouvris la fenêtre quand je vis ma statue, qui se tenait au fond du parc, s'animer mais les gardes qui l'entouraient commencèrent à sonner l'alerte et à tirer sur la statue de bronze qui déviait toutes les balles. Entre temps, le cavalier avait disparu. Je saisis ma longue vue pour voir où il était parti quand un frisson me prit dans la colonne vertébrale, je sentais qu'on m'épiait. Je dégainai mon arme quand je vis que c'était le cavalier, un grand homme de bronze qui portait un bicorne de l'époque de Napoléon 1er en tenue de guerre de la même époque. C'était une créature qui me parut à la fois mystérieuse et dangereuse .  La rosée du matin tomba, le cavalier disparut avec son char laissant apparaître les corps des soldats qui s'étaient battus. Et à moins que toute cette aventure étrange ne soit que la conséquence d'une faiblesse d'esprit suite à un dîner trop copieux, je ne savais que penser des événements que je venais de vivre.

            Mes convives ne s'étaient aperçus de rien. Quant au parc il était dévasté, ressemblant à un champ de bataille.                                               
                                                                                                                         
                                                                                                                                                                        
Illustration : Bastien Dupont/ texte :  Quentin Dupont    4e5
                                                                                                                           
                                                                                             
                                                                                                                                                       La rose
 
      
 J'avais une vingtaine d'année, mon père m'avait envoyé pour une mission, tuer l'odieuse bête qui vivait dans le bois depuis de très longues années.
        Je m'avançais dans ce bois sur mon fidèle cheval, il se situait à quelques kilomètres du château. Il était noir et sombre comme aux abords d'un cimetière, et un brouillard épais l'entourait de sorte que les feuilles paraissaient noires.
        Soudain, un bruit de feuille se fit entendre, il y avait quelqu'un! Mes cheveux se hérissèrent, mes dents s'entrechoquèrent et un frisson me parcourut le dos. Mon cheval effrayé partit au galop, je me trouvais au sol, seul et perdu.
        Quand je me retournai, je crus voir sortir du bois une forme étrange...c'était la bête! Elle avait des yeux d'un vert éclatant, mais des écailles noires qui ressemblaient à celles d'un dragon, étrangement elle avait des dents plutôt petites et blanches mais acérées. Elle me fixait, j'étais cloué au sol sans la moindre force pour me lever. La bête me regardait sans bouger, elle n'était visiblement pas prête à attaquer. Je voulus crier, hurler et prendre mes jambes à mon cou mais soudain la bête tomba raide morte au sol, laissant derrière elle une rose rouge aussi belle que les lèvres vermeilles d'une jeune fille; je la gardais précieusement en souvenir de cette horrible aventure.
        Je n'ai jamais compris comment cette bête était morte peut-être de vieillesse car cela faisait longtemps qu’elle vivait dans ce bois ni comment je me trouvai alité avec de la fièvre au matin, une rose rouge sur mon chevet. C'est la première fois que j'ai eu aussi peur de toute ma vie et l'image de la bête me hante depuis. 
                                                                                                                                                            
 RASPAUT Romane 4e1
 

Le Lis des Cafres

         Je fis ce jour-là une expérience singulière. Lassé de mon travail, de mes collègues, je voulais me ressourcer et évacuer le stress accumulé. Donc, j'étais parti seul pour faire du camping dans une forêt du bassin d'Aquitaine. Aux abords de la forêt, j'arrêtai mon 4x4 et continuais à pieds. Je marchais donc à bonne allure entre les arbres imposants et majestueux. Je regardais en l'air et observais la nature qui s'épanouissait autour de moi. La ville et ses urbanismes me paraissaient très loin. Vers six heures, j'installais les piquets pour ma tente, à l'ombre des arbres, ces géants, qui maintenant la nuit tombée me semblaient effrayants.

        Au milieu de la nuit, je me réveillai brusquement. J'avais cru entendre des bruits de pas. Je me levai pour voir ce que c'était. Je surpris alors une lueur verte flamboyante. Je m'approchai et vis une créature non des plus communes. C'était un petit feu vert. Il gambadait sur l'herbe fraîche, tranquillement. Un feu follet vivant et sautillant : je ne suis pas fou ! Fasciné, je le suivis, caché, jusqu'à une grande clairière.

       Au centre, s'étendait un lac immense comme cinq stades de football. La lune baignait cet endroit d'un étrange halo de lumière. A cause de la brume, même la cime la plus basse était invisible. Un lieu magnifique que la nuit et le brouillard rendaient inquiétant. L'herbe semblait extrêmement sombre et j'hésitais à mettre un pied devant l'autre. Un frisson me parcourut l'échine lorsque la lueur verte s'éteignit et que je me retrouvai pour le coup, seul. Alors, le lac se mit à bouillonner et la peur grandit en moi. J'eus d'abord les mains moites, des gouttes perlèrent sur mon front, puis mes dents claquèrent. Je m'approchais du bord en chassant ma peur un instant.

       Sortit de l'eau un vieil homme, musclé malgré son âge, portant me semblait- il une toge blanche et une cape rouge en velours sur ses larges épaules. Assis sur un char antique doré tiré par de magnifiques étalons noirs, il commençait à faire des tours du lac. Dans son sillon, l’écume paraissait danser. Près de moi quatre têtes de femmes émergèrent de l'eau mais une attira mon attention.

       Elle était magnifiquement belle. Bien plus que les autres. LA Beauté.

      « Aquélia, il te fixe, ricana l'une d'elles. »

       Aquélia avait des ouïes bleues, d'où perlait de l'eau claire, des yeux vitreux qui me fixaient profondément et, un visage noble mais souriant. Les cheveux longs d'un blond terne où étaient entremêlées des algues, les doigts fins, un corps délicat et transparent, des jambes se distinguant à peine à cause de l'eau trouble. Aquélia, cette naïade, était plus splendide que n'importe quelle mortelle. Devant un tel spectacle, j'avais oublié ma peur et je ramassai un lis des cafres que je lui donnai. Son rire cristallin résonna dans mes oreilles. L'aube apparut et Aquélia me fit un petit signe de la main. Tout le monde replongea.

       « Non ! »

       Je me précipitai mais le sol s'effaça sous mes pieds et je sentis l'eau glacée.

      Je me réveillai en sursaut, glacé. Mes vêtements étaient mouillés ( pourtant en octobre, les nuits sont fraîches). Je repris mon trek, chassant mon rêve de la veille quand j'arrivai sur une clairière étrangement familière. Au milieu, trônait un lac qui arborait une immense statue. La même que dans la nuit. Au centre, il y avait un char antique tiré par des étalons montés par un vieil homme. Au bord, quatre naïades regardaient dans le vide. L'une d'elles attira mon attention ; elle portait, dans ses cheveux, un lis des cafres. Je ne savais que trop penser.

     *Lis des cafres : lis qui pousse près des lacs. Dans les teintes rouges à rose saumon, il fleurit tardivement (octobre ou novembre).

      Attention : il supporte les terrains argileux mais pas la sécheresse !

                                                                                                                           STEININGER Emma  4e5

                                                                        
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